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Gardinier

Crédits : Lina Tchalabi. Photos: Julie Limont & DR

Aux lettres et cætera

Président de l’Académie Goncourt depuis 2024, Philippe Claudel raconte son attachement à Drouant où se mêlent tradition, création littéraire et gastronomie.
EN TANT QU’ÉCRIVAIN ET MEMBRE DE L’ACADÉMIE, QU’ÉPROUVE-T-ON EN FRANCHISSANT LES PORTES DE DROUANT ?

Un sentiment très fort : celui de revenir à la maison. Depuis treize ans, les déjeuners mensuels sont des rendez-vous que j’attends avec plaisir. Je retrouve un lieu et des visages familiers : James Ney et son équipe, le Chef Romain Van Thienen, ainsi que Thierry, Stéphane et Laurent Gardinier.

VOTRE EXPÉRIENCE D’ANCIEN LAURÉAT A-T-ELLE INFLUENCÉ VOTRE REGARD SUR LES DÉLIBÉRATIONS ?

Pas vraiment. Je suis avant tout un lecteur passionné. Quand j’ai rejoint l’Académie en 2012, j’ai voulu mettre ce temps de lecture au service de la littérature française. Ayant moi-même reçu plusieurs distinctions, j’ai ressenti ce besoin de soutenir et de m’engager auprès des auteurs. Même si cela signifie devoir passer l’été à lire tous les jours et d’être, en septembre, épuisé intellectuellement (rires).

LE PRIX GONCOURT EST LA RÉCOMPENSE LITTÉRAIRE LA PLUS PRESTIGIEUSE DE FRANCE. COMMENT L’EXPLIQUEZ-VOUS ?

Par sa longévité et sa notoriété. Fondé en 1903, il est le plus ancien au monde, après le prix Nobel. Son prestige fut immédiat au point que Marcel Proust (1871-1922) le convoita pendant des années avant de l’obtenir. Son influence est aujourd’hui internationale : l’ouvrage primé est traduit dans vingt à trente langues. En France, l’impact est aussi économique. Pour un éditeur, le prix représente environ trois années de trésorerie. Les ventes atteignent en moyenne 500 000 exemplaires en grand format. Nous sommes conscients de cette responsabilité et des retombées sur la carrière et la vie d’un lauréat.



« La cuisine française est un art célébré par de nombreux écrivains. »
DROUANT PERPÉTUE LA TRADITION EN PROPOSANT AU JURY UN MENU TENU SECRET JUSQU’À LA DÉLIBÉRATION. EXISTE-T-IL UN LIEN ENTRE GASTRONOMIE ET LITTÉRATURE ?

La cuisine française est un art célébré par de nombreux écrivains, notamment Colette, qui fut, elle aussi, académicienne et présidente du Goncourt. En y regardant de plus près, le processus créatif est similaire : une phase de réflexion solitaire, puis un travail d’assemblage, de mots ou d’ingrédients. L’intention est la même : créer pour les autres, avec l’espoir de susciter le plaisir et marquer les esprits. Et un livre, comme un grand plat, n’existe pas seul. C’est le fruit de plusieurs talents, d’une maison d’édition ou d’une brigade.

VOUS AVEZ ANNONCÉ UN MANDAT DE CINQ ANS. QUELLES SONT VOS PRIORITÉS ?

Je souhaite renforcer le rayonnement international grâce aux Choix Goncourt de l’étranger – présents dans plus de 75 pays ; maintenir la sérénité au sein de l’Académie ; et garantir un fonctionnement démocratique où la parole de chacun des membres puisse être écoutée et respectée.

DROUANT ACCUEILLE DÉSORMAIS DES CERCLES LITTÉRAIRES. QU’EN PENSEZ-VOUS ?

C’est une excellente initiative qui renoue avec la tradition des salons littéraires des XVIIe et XVIIIe siècles. Associer ce lieu de prestige à des rencontres avec des auteurs permet de créer de précieux moments de convivialité autour d’un livre ou d’une thématique.

UN DERNIER MOT ?

Le menu du jour Goncourt est le sommet gastronomique de la saison. J’ai tenu à maintenir la tradition ancienne du gibier, à plumes ou à poils. Ce déjeuner est un véritable spectacle vivant : un instant unique de virtuosité de toute l’équipe Drouant, où les arts littéraire et culinaire se rejoignent. J’apprécie que Drouant le propose ensuite à sa carte pendant un mois, après l’annonce du prix, afin que le public puisse le découvrir.

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