Paris, 1852. La capitale est en pleine transformation urbaine. Les grands chantiers s’esquissent, les quartiers s’embellissent, les vies sociales et politiques se réaffirment. C’est dans cette dynamique que le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, fait construire un hôtel particulier, à quelques pas de l’avenue des Champs-Élysées, là où bat le coeur des mondanités parisiennes.
Figure politique majeure du XIXe siècle, Charles de Morny était aussi un homme d’affaires. Ses activités le conduisirent à imaginer une demeure stratégique et accueillante, pensée pour recevoir dans les règles de l’art : salons en enfilade, volumes généreux et un décor marqué par l’esthétique du Second Empire. La maison devint un repaire confidentiel où ministres, diplomates, entrepreneures, artistes et écrivains se réunissaient lors de dîners nourris d’idées et de grands projets. Au fil des décennies, l’hôtel changea de propriétaires et son histoire se fit plus discrète. Il faudra attendre l’après-guerre pour qu’un nouveau chapitre s’ouvre.
Fondé en 1946 par André Vrinat, rue Saint-Georges, Le Taillevent s’installe en 1950 dans l’ancien hôtel particulier du duc de Morny, rue Lamennais. Son nom rend hommage à Guillaume Tirel, dit Taillevent, auteur du Viandier, premier recueil de recettes en langue française. Très vite, le restaurant séduit les fins gourmets et le Guide Michelin ; une première étoile en 1948, une seconde en 1956, puis une troisième en 1973 viennent consacrer une cuisine ancrée dans la tradition française. Au fil des années, Le Taillevent se distingue par sa cave d’exception, riche de près de 4 000 références. Depuis 2011, le Groupe Gardinier poursuit cet héritage et préserve ce lien intime avec l’univers du vin, devenu l’une des signatures des Maisons Taillevent.
L’âme de la Maison tient aussi à son identité esthétique. L’édifice conserve une grande partie de son cachet d’origine : escalier d’honneur en pierre de taille, frontons, pilastres, chapiteaux, salons privés classés aux monuments historiques. En 2021, les frères Gardinier confient la rénovation des lieux à l’architecte d’intérieur Yann Montfort. Le parti pris ? Révéler l’héritage sans le bousculer. Son travail nuance les lignes, adoucit les matières et offre une lecture moderne des espaces, plus lumineuse et confortable, sans en altérer la splendeur.
Dans ce décor sublimé, les salons situés à l’étage du restaurant réinterprètent l’art de recevoir. Entièrement privatisables, ils constituent l’écrin parfait pour les déjeuners confidentiels, les dîners d’affaires, les séminaires et les dégustations privées. Le salon Guimet, où le duc de Morny accueillit en son temps Napoléon III, dévoile un cadre feutré d’inspiration asiatique. Habillé de riches tapisseries et de laques rouges, il peut recevoir jusqu’à 12 convives. Plus spacieux, le salon Saturne, l’ancienne chambre du duc, révèle quant à lui de somptueuses boiseries Louis XVI. Il offre une atmosphère chaleureuse, idéale pour des tablées pouvant réunir jusqu’à 32 personnes. Intimes ou conviviaux, ces espaces partagent la même exigence d’excellence : un service à la française, une cuisine sensible et généreuse et une approche du vin singulière. Ainsi, l’esprit du Taillevent prolonge l’élan initié par Charles de Morny : un lieu de rencontres et de partage où le seul pouvoir qui demeure est désormais celui du goût.
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